Économie de Saint-Martin en 2025 : le crédit bancaire progresse de 7,1 % à 518,6 millions d'euros, 2,6 millions de visiteurs selon l'IEDOM
La partie française de l'île emprunte davantage et embauche davantage. Selon l'IEDOM, l'encours de crédit des banques implantées à Saint-Martin a progressé de 7,1 % en 2025, à 518,6 millions d'euros, et l'emploi salarié privé a atteint un record de 8 119 postes. L'économie de Saint-Martin reste portée par le tourisme : 2,6 millions de visiteurs ont fréquenté l'île l'an dernier, en hausse de 15,7 %.
Le rapport annuel 2025 a été publié le 2 octobre et présenté à la CCISM le 15 octobre par François Groh, directeur de l'IEDOM pour la Guadeloupe et les Îles du Nord.
Les chiffres de l'économie de Saint-Martin en 2025
Banque (fin 2025)
Encours de crédit : 518,6 millions d'euros, +7,1 % sur un an
Crédits à l'habitat et immobiliers : +5,1 %
Crédits d'investissement : +10,2 % ; crédits à la consommation : +9,5 % ; crédits d'exploitation : +23,2 %
Créances douteuses : 10,6 millions d'euros, soit un taux de 2,0 % (2,1 % en 2024)
Dépôts et actifs financiers dans les banques locales : 536,2 millions d'euros, +0,4 % seulement ; actifs des ménages -2,0 %, dépôts des entreprises +4,4 %
Tourisme (2025, ensemble de l'île)
Visiteurs : 2,6 millions, +15,7 %
Croisiéristes : 1 607 053, +16,6 %, presque tous débarqués à Philipsburg
Arrivées aériennes : 963 159, +14,3 %
Part des visiteurs arrivant par la partie hollandaise : 95,5 %
Aéroport de Grand-Case : 107 165 arrivées, +2,4 %
Capacité hôtelière côté français : 1 263 chambres
Emploi et investissement
Salariés du secteur privé : 8 119 fin 2025, un record, +5,3 %
Demandeurs d'emploi de catégorie A : 3 885 en décembre 2025, -0,3 %
Taux de chômage : 27 %, dernier chiffre du recensement (2023)
Extension du port de Galisbay : estimée à 143 millions d'euros
Le message de l'IEDOM, rapporté par Faxinfo, est clair : l'économie avance, mais il faut investir dans des projets structurants dès 2027. Deux points faibles ressortent de la présentation : le trafic de Grand-Case a reculé d'environ 10 % au premier semestre 2026 après la liquidation d'Air Antilles, et environ 30 % des marchandises débarquées côté hollandais sont destinées à la partie française.
Pourquoi c'est important pour les propriétaires et les acquéreurs
Le crédit circule. Une hausse de 7,1 % des encours avec un taux de créances douteuses de 2,0 %, c'est un système bancaire qui prête et qui est remboursé. Les crédits à l'habitat progressent moins vite (5,1 %) que les crédits aux entreprises, ce qui correspond à ce que nous voyons dans nos propres dossiers : en haut de marché côté français, beaucoup d'acquisitions se font au comptant ou avec un financement obtenu en métropole, au Canada ou aux États-Unis. Le crédit local compte davantage pour les résidents qui achètent un appartement à Marigot, Baie Nettlé ou Concordia.
L'épargne stagne. Les dépôts n'ont progressé que de 0,4 % et les actifs des ménages ont reculé de 2,0 %. Les ménages dépensent ou empruntent, ils n'épargnent pas. C'est cohérent avec le coût de la vie élevé que l'IEDOM souligne chaque année.
La partie française dépend de Juliana. Avec 95,5 % des visiteurs arrivant par la partie hollandaise, une villa à Terres Basses ou à Orient Bay se loue grâce à l'aéroport Princess Juliana et au quai de croisière de Philipsburg, pas grâce à Grand-Case. La baisse de Grand-Case après Air Antilles pèse sur les liaisons avec la Guadeloupe et Saint-Barthélemy, beaucoup moins sur la clientèle long-courrier. La nouvelle liaison quotidienne d'Air Caraïbes vers la Guadeloupe à partir de janvier 2027 devrait combler une partie du manque.
Galisbay est le projet à suivre. Un port qui traite directement une plus grande part des importations de la partie française retirerait une couche de coûts sur tout ce qu'achète un propriétaire, des matériaux de construction au mobilier. Un projet de 143 millions d'euros est lourd pour une collectivité qui a investi 79,6 millions d'euros en 2025 : le calendrier et le financement décideront de sa réussite.
Notre lecture
Ce sont des chiffres de 2025, mais ils confirment ce que nous constatons sur le terrain en 2026 : plus de visiteurs, plus d'emplois, des banques prêtes à prêter, et une partie française qui vit de l'aéroport commun de l'île. Pour les acquéreurs, l'attrait du côté français ne change pas. Les prix en bord de mer à Grand-Case, Orient Bay et Terres Basses tiennent parce que l'offre est rare et que les règles d'urbanisme sont strictes.
Les risques sont structurels, pas conjoncturels : un chômage à 27 %, des livraisons de logements sociaux lentes, des importations qui transitent encore par la partie hollandaise. Rien de tout cela n'empêche une vente à Terres Basses. Mais cela pèse sur l'avenir des bourgs de la partie française, et le calendrier d'investissement de 2027 sera notre prochain point d'attention.
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Sources : IEDOM, Rapport annuel économique de Saint-Martin 2025 (publié le 2 octobre 2026) ; Faxinfo, 20 octobre 2026 ; Outremers360, 19 octobre 2026.




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